CD
Vocabularies, Bobby McFerrin, Emarcy (Universal), 2010.
Bobby McFerrin, essentiellement connu pour le premier tube a cappella de l’histoire des charts, « Don’t worry, be happy » (1988), n’a jamais capitalisé sur ce succès initial et a préféré faire de la musique plutôt qu’une « carrière ». Il est resté un infatigable explorateur des possibilités vocales. Son nouvel album VOCAbuLarieS est présenté comme sa « musique du 21e siècle », rien de moins. Son chef d’œuvre ? Ce projet ambitieux, qui lui a réclamé, ainsi qu’à cinquante autres vocalistes, sept années de travail, est une étourdissante suite en sept morceaux qui mêle et réinvente toutes les influences de McFerrin, virtuellement tous les usages du plus mystérieux des instruments : la voix. On entend du jazz, du chant lyrique, du RnB, du gospel, de la musique du monde ; on entend du latin, de l’italien, du sanskrit, du zoulou, de l'espagnol, du russe, de l'hébreu, du portugais, du mandarin, du japonais, du français, de l’arabe, de l'allemand, de l'anglais, du gaélique ainsi qu’une langue inventée par McFerrin ; on entend de la musique, et on est ébloui par tant de joie, de profondeur, et de vie.